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  • 08/02/2014 - Assemblée Générale

    L'ANDL s'est réunie pour son Assemblée Générale annuelle le samedi 8 février 2014, en route pour une nouvelle année !


     

  • 3 mars 2014

    En 2013, l'ANDL comptait 127 membres réunis par leur passion commune, la détection de loisir. Les rejoindrez-vous cette année ?


     
  • L'ANDL soutient le site Detect+

    Cette excellente tribune rétablit la vérité au sujet de la détection de métaux. Avec Detect+, l'ANDL défend "une détection positive", loin des préjugés véhiculés par les médias.


     

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Le mot du Président, Février 2013

 

Cher(e)s ami(e)s,

Si j'ai proposé ma candidature au poste de président de l'ANDL, c'est pour défendre du mieux que je pourrai la "détection de loisir", ce passe-temps qui nous tient tous à cœur.

La détection dite "de loisir" doit se distinguer de deux autres formes d'utilisation de détecteurs de métaux, à savoir la détection "à vocation archéologique" et ce que nous appellerons la "détection pognon". La "détection à vocation archéologique", qui consiste à utiliser son matériel sur des chantiers archéologiques en cours de fouille ou lors de prospections inventaires encadrées, ne s'improvise pas, c'est un métier. La "détection pognon" qui consiste à rechercher, dans le sol, des objets de forte valeur dans l'unique but de les revendre, doit être considérée comme un trafic.

La "détection de loisir" doit bien se garder de ne ressembler ni à l'une, ni à l'autre.

Nos membres ne sont ni des archéologues, ni des marchands, ni des pillards. Et, de par leurs convictions, ils ne souhaitent pas le devenir.

Il faut cependant bien comprendre que, malgré ces motivations vertueuses, notre loisir s'effectue dans le sol, c'est à dire dans un environnement que nous partageons avec d'autres catégories professionnelles : archéologues, géologues, agriculteurs, promoteurs, etc. qui ne voient pas toujours d'un très bon œil notre intrusion dans leur monde. Pour continuer à être tolérés, nous devons par conséquent nous appliquer à avoir un comportement irréprochable c'est à dire le moins intrusif et le moins destructeur possible.

Toute activité humaine, de travail ou de loisir, a pour corollaire un impact, parfois non négligeable, sur notre environnement. La détection de loisir n'y fait pas exception. Mais quand elle est pratiquée d'une façon responsable et respectueuse, ses effets sont beaucoup plus modérés que certains peuvent le craindre. Le détecteuriste qui se promène un dimanche dans un labour ne produit pas, comme on l'entend dire, des dégâts irrémédiables sur le patrimoine enfoui, s'il se contente d'aller sur des zones qui n'ont rien d'archéologique.

 

La détection de métaux : repos dans un labour

 

L'État, pragmatique, ne classe pas chaque sillon parce qu'il est susceptible de receler, peut-être, une monnaie isolée ; dans le cas contraire, il lui faudrait accrocher un archéologue derrière chaque agriculteur, et derrière chaque jardinier, et sur chaque centimètre de terre creusée dans notre pays. L'archéologie préventive, qui progresse d'année en année, n'intervient d'ailleurs que sur les zones identifiées comme sensibles, selon des seuils de présomption archéologique : hors de ces zones, et sauf si un chantier révèle une zone méconnue, nul besoin de diagnostic pour moins de 3000 m² d'aménagement. On peut alors se demander pourquoi des citoyens ouverts au dialogue, responsables et soucieux de pratiquer leur activité de façon raisonnable, n'ont pas accès à ces informations : nous ne pourrions alors qu'approuver que la justice condamne les indélicats, désormais surpris sur des zones qu'ils savaient à risque !

La "détection de loisir" n'a pour but que le plaisir de la découverte, sans que la valeur de l'objet ne rentre en ligne de compte. Beaucoup de détecteuristes participent avec enthousiasme à des "rallyes de détection" où l'objet de la recherche consiste uniquement en quelques jetons cachés par les organisateurs. Rien de méchant pour le patrimoine là-dedans ! En hiver, un rallye s'est même déroulé sous 30cm de neige. Les jetons étaient dans le manteau neigeux, aucun trou n'a été creusé !

Malgré cela, la détection fait peur ! Et c'est très compréhensible lorsque l'on voit le nombre de pillages perpétrés par des individus dont le seul point commun avec nous est d'utiliser un matériel similaire pour accomplir leurs forfaits. Ces déprédations ternissent notre image par simple assimilation.

 

Une trouvaille de détection : 2 centimes Napoléon III

 

A l'ANDL, nous dénonçons cette utilisation des détecteurs qui n'a plus rien à voir avec un quelconque loisir.

A l'ANDL, nous encourageons la protection des sites archéologiques par tous les moyens que la technologie peut offrir aujourd'hui.

A l'ANDL, nous décourageons nos membres de préparer leurs sorties en consultant des cartes archéologiques ou tout autre document qui priverait notre passion de son caractère fortuit et aléatoire.

Mais, malgré toutes ces précautions, il n'est pas impossible de tomber, par hasard, sur une zone dont l'intérêt historique ou archéologique, n'était pas évident à priori. Dans ces cas là, nous conseillons à nos membres de cesser toute détection dès qu'apparaissent des objets "pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie" comme il est stipulé dans l'article L542-1 du Code du Patrimoine.

Si les instances archéologiques de notre pays n'étaient pas aussi méfiantes envers nous, il serait de mon devoir de conseiller aux membres qui se retrouveraient dans cette situation, de prendre le plus de notes possibles sur les circonstances de ces découvertes et d'en informer le SRA le plus proche. Mais bien que ces déclarations, pourtant prévues dans la loi, soient aujourd'hui systématiquement refusées, je les encourage tout de même à noter toutes ces information en attendant des jours meilleurs.

Si j'ai accepté ce poste de président, c'est également parce que je suis un partisan du dialogue, qui est, de mon point de vue, le meilleur moyen de s'entendre pour qu'au final, le patrimoine ne pâtisse pas d'un affrontement entre les pro et les anti détection.

Le plus gros risque aujourd'hui est que sous la pression incessante dont ils sont l'objet, une grande partie des détecteuristes décident de prendre le maquis, c'est à dire de se cacher et de pratiquer une version "underground" de ce loisir, qui serait, pour le coup, très dommageable pour le patrimoine. Dum vitant stulti vitia in contraria currunt !*

Je suis prêt à rencontrer toute personne ouverte au dialogue. A participer a toute action tendant vers ce but. A plancher sur tout document visant à protéger le patrimoine tout en respectant la liberté de ceux qui pratiquent ce loisir.

 

Merci à vous,

 

Max Derouen

 

* "Pour fuir un défaut, les maladroits tombent dans le défaut contraire." Horace, Satires, 1, 2, 24.